Démarche Chrétienne

1 Saint Laurent diacre martyr, patron des pauvres et des bibliothécaires
Voilà ce qui nous frappe tout de suite dans cet icône réalisé par Françoise Contat Tournon :
a. Le visage et le regard
Ses yeux bleus très clairs te regardent droit. Il y a une intensité, une paix et une force en même temps. La bouche entrouverte donne l’impression qu’il parle, qu’il bénit ou qu’il prêche. On le sent vivant.
b. Les couleurs
Le contraste est super puissant : le rouge profond du fond + l’auréole, le bleu clair de son vêtement, et l’or du nimbe. C’est très liturgique. Le rouge rappelle le martyre, le bleu la foi et le ciel. Ça claque et c’est solennel.
c. Les détails qui racontent
- "ST LAURENT NOTRE PATRON Père de nos Pères" dans l’auréole : c’est touchant. Il est vraiment présenté comme le protecteur de la communauté.
- Sa main levée : geste de bénédiction et d’oraison. Très traditionnel dans les icônes.
- Le gril stylisé en arrière-plan : les rectangles rouges avec les petites flammes blanches. Subtil mais on reconnaît direct son martyre sans tomber dans le sanglant. Très intelligent.
- La palme verte : symbole des martyrs. Elle est là en bas à droite.
d. Le style
Ça a un côté entre l’icône byzantine et la peinture populaire. La matière, les contours, l’arche en haut... ça fait très retable de village, très dévotion. On sent que c’est fait avec foi, pas juste pour décore
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2 Bannière à Saint Laurent
Cette bannière représente *Saint Laurent, diacre et martyr*, dans une composition simple, lumineuse et très parlante.
La figure :
Saint Laurent est représenté en jeune diacre, vêtu d’une aube blanche sous une dalmatique rouge. Le rouge, couleur du martyre et du sang, est rehaussé d’or par de riches broderies : une croix au centre et des motifs végétaux qui montent comme des flammes. L’or ici dit la gloire et le sacrifice offert à Dieu.
Il porte l’auréole, signe de sa sainteté.
Les attributs :
- La main levée vers le ciel : geste d’oraison et d’indication. Laurent montre le chemin du ciel, il guide. C’est aussi le geste du témoin qui désigne le Christ.
- La palme du martyr dans la main gauche : symbole de la victoire sur la mort.
- Le gril posé à côté de lui : son instrument de supplice. Saint Laurent a été martyrisé sur un gril en 258 à Rome. Le fait qu’il le tienne calmement montre son courage et sa foi.
La composition :
Le saint est inscrit dans une niche en arc, comme dans l’église de La Penne sur Huveaune. Le fond clair le met en valeur.
De chaque côté, deux guirlandes végétales d’olivier et de laurier encadrent la figure. L’olivier = la paix, le laurier = la victoire. Deux symboles présents du blason de La Penne sur Huveaune
Le bas de la bannière est festonné d’or, et le nom *SAINT LAURENT* est écrit en lettres rouges, fortes et lisibles pour les processions.
L’esprit :
C’est une bannière de procession. Elle n’est pas là pour raconter le drame du martyre, mais pour donner un saint debout, lumineux, qui intercède et qui montre le ciel. Digne, serein, le visage tourné vers le haut.
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3 Notre Dame de clarté :
Françoise Contat Tournon d’après la vierge à l’enfant du monastère de Cotignac :
C’est une Vierge de Tendresse. On sent toute la douceur et la gravité à la fois.
Ce qui nous touche :
a. Le regard et l’étreinte
Marie ne regarde pas le spectateur. Elle regarde Jésus, et il se serre contre elle. Sa joue contre la sienne. C’est intime, maternel. Et en même temps sa main ouverte vers nous dit "voici le Chemin". Les deux à la fois.
b. Les couleurs et les motifs
Le fond ocre/doré fait très icône ancienne. Le voile blanc-rosé de Marie avec les petites fleurs dorées, c’est lumineux et pur. Et le manteau de Jésus. Nous aimons ces géométries bleues, taupe et orange. C’est moderne mais ça respecte l’esprit des icônes. Ça donne de la vie, du mouvement.
c. Les détails
- Les auréoles : dorées, sobres, avec les petites gouttes bleues sur celle de Jésus.
- Les yeux : ceux de Marie sont grand, profond, un peu vert. Il y a de la tristesse et de l’amour infini.
- La main de Marie : fine, qui présente l’Enfant mais aussi qui le protège.
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4 Supplique à Marie
Ex-Voto Supplique à Marie
6 versions de la Vierge et l’Enfant, toutes différentes mais reliées par la même tendresse.
Nous y voyons :
- Les couleurs : du bleu profond, du rouge chaud, de l’ocre, du vert... chaque panneau a sa lumière.
- Les attitudes : Marie qui serre Jésus, le menton posé sur lui, les regards qui se cherchent. C’est très intime.
- Le style : entre icône et aquarelle moderne. Les contours doux, les auréoles pas rigides, les étoffes qui bougent.
- Les détails : Les mots, « Supplique à Marie » qui relie les deux panneaux du centre.
Présenté en triptyque 2x3, ça interpelle comme une chapelle miniature. On dirait 6 façons de prier la même Mère.
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5 Saint Jean Baptiste
SAINT JEAN BAPTISTE
Par Françoise Contat Tournon artiste peintre
Genèse du projet :
Le mur de l’église Saint Laurent à la Penne sur Huveaune au-dessus des fonds baptismaux était libre de toute décoration. Le curé, responsable de la paroisse, a émis l’idée qu’il serait opportun de le décorer.
Ayant réalisé le chemin de croix en argile - je suis santonnière et j’entretiens les santons de cœur et ceux de la crèche - qui a été placé par la municipalité en quatorze endroits du mur de l’église, je lui ai proposé de m’en occuper.
Il était plus intéressé par une peinture que par une décoration et avait arrêté son choix sur Saint Jean Baptiste. Nous avons cherché - car je suis aussi artiste peintre - chez « les grands peintres » religieux une attitude qui pouvait nous convenir. Un Saint Jean Baptiste enfant peint par Pierre Pluvis de Chavanne ; peintre allégorique français du XIX ème, précurseur du symbolisme a arrêté notre choix.
Mise en place :
Le père voulait que le sujet soit jeune, enfantin et moderne avec des couleurs joyeuses
Je lui ai proposé de transformer le tableau de Pluvis de Chavannes grâce à un logiciel de modification d’image.
Ensuite comme nous ne désirions pas d le laisser nu, je l’ai vêtu d’un manteau de poils de chameau. Je l’ai assis sur une couverture bleue décoré de feuilles, pour l’isoler de la terre et qu’il fasse ainsi partie du ciel. Les feuillages au-dessus de lui portent plusieurs teintes pour signifier les quatre saisons. Il est couronné d’or. Il serre Jésus dans son giron sous la forme d’un agneau.
Nous avons beaucoup discuté sur le décor dans lequel il convenait d’installer l’enfant (le fond du tableau de Pluvis était très vague). Un ancien fond de crèche réalisé par Auguste Peyre a été notre guide. L’enfant serait à la place de l’église de notre village et derrière lui allait évoluer tout ce qui symbolise celui-ci pour bien ancrer notre foi dans le patrimoine environnemental et laisser la trace de ce bien à tous les enfants que leurs parents prendront en photo sur les fonds baptismaux.
Au-dessus de Saint Jean Baptiste
Un feuillage rappelant les quatre saisons et une branche de chêne et une branche d’olivier, tous deux porteurs de fruits, symboles de notre blason.
Au-dessous de Saint Jean
Une couverture bleue d’azur décorée de plumes/feuilles est le seuil de la dimension céleste sur laquelle il s’isole du monde terrestre.
De gauche à droite
La colline de la Candolle
Une plantation d’oliviers. Pour nous rappeler que les grecs nous ont apporté l’olivier, la vigne et la démocratie.
Le canal de Marseille (aujourd’hui à sec) et son aqueduc appelé : le petit Roquefavour en écho du grand Roquefavour situé à Ventabren qui achemine l’eau de la Durance jusqu’au palais Longchamp de Marseille.
Les sources de l’Huveaune fleuve côtier qui prend sa source à la Saint Baume habitée par Sainte Marie Madeleine qui lui aurait offert ses larmes. Ce fleuve irrigue notre village et nous lui devons l’ancrage de notre population ; malgré son surnom d’Ubelka : la dévastatrice, à cause de ses crues.
De droite à gauche
Le château de la Candolle, qui domine le village.
Le mausolée romain : le Pénélus ; unique en son genre.
La croix ou le prêtre chaque année offre sa bénédiction au village.
La montée de la Penelle qui cache sur sa droite la ruelle du père Noël en décembre et offre à saint Laurent sa procession.
Caché dans la toison de l’agneau le lévrier de sinople (vert) de notre blason.
Enfin le village au bord de l’Huveaune et tous ses habitants santons vivants petit peuple des rachetés du Christ.
Après réflexion j’ai noté sur le bâton sentier de Saint Jean Baptiste ce qui a ponctué sa vie. L’annonciation de sa naissance par l’archange Gabriel à son père Zacharie et de sa mère Elisabeth. Les pas dans le désert brûlant, le miel de la douceur et les sauterelles de l’âpreté. La colombe immaculée de l’esprit saint et le cœur en feu qui brule pour le Christ. L’eau du baptême coule tout au long du chemin sur une terre aride pour la rendre généreuse.
Le ruban bleu, liant la croix du bâton suggère une éternité tranquille et éveille en nous un désir de pureté.